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Chronique de Carpetula

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6 mai 2008 (10:54) -

« Je me ferais bien une blonde ! »

J’ai entendu votre petit rire, docteur Fabre. Je trouve ça moyennement drôle. Si en plus du fric que vous me soutirez, c’est moi qui assure le spectacle, je trouve ça déontologiquement limite. « Eh bien ça a l’air de mieux aller, monsieur Carpetula. Vous avez repris une activité sexuelle ? » Qu’est-ce qu’il me dit, là ? Il est pas bien ou quoi ? « Non. Je n’ai toujours pas d’activité sexuelle…vous entendez quoi par vous faire une blonde, monsieur Carpetula…Eh bien, prendre une blonde, américaine, l’étrangler ou lui donner un coup de n’importe quoi sur la tête, dispersé, à quelques endroits éloignés de tout regroupement sédentaire, son corps préalablement découpé avec un ustensile pas forcement prévu à cet effet. Voilà ce que j’entends par : me faire une blonde. »

C’était une fin de séance pas piquée des vers. Pour une fois la répartition des taches allait être effective. Une semaine de break, chacun de notre côté, à préparer la contre-offensive. Mais je n’avais rien prémédité. J’avais un truc en travers de mes limites de spectateur cinématographique et il ne fallait pas trop abuser de mon champ des possibles psychologiques. Surtout en ce moment. Cette manie de remettre toujours sur le divan mes carences amoureuses…et puis, c’est pas en voyant ce type de film que ça va revenir. Au contraire, c’est le genre de sujet qui ne risque pas de me donner envie d’avoir ne serait-ce que le plus infime des contacts avec une femme. « Et ma frustration homosexuelle, me direz-vous ? » On en parlera une autre fois. Je me demande s’il ne serait pas un peu de la jaquette le docteur Fabre. Avant la blonde, il y eut le générique. Et il commençait plutôt bien puisque j’y apprenais que le monstre de crétinerie que je m’apprêtais à voir était une production de la famille Berri. Non pas que cette entreprise familiale soit l’équivalent de l’élevage en plein air du cinéma français mais je me disais qu’après les délires mégalo du fils, le papa aller reprendre la « renn » en main et nous sortir une sympathique comédie sur les valeurs de la morale associées à celles, non moins importantes, de la pugnacité…comme le titre, « whatever Lola wants », le laissait augurer. Car, « quand on veut quelque chose, il faut se bouger le cul ! » Et, c’est face à telles évidences que je me questionnais sur la réelle nécessité de mon analyse psychiatrique. Bref. Nous avons tous nos faiblesses et ce film me rassurait sur l’état des miennes : je ne suis pas américain, obèse et noir, je ne suis pas obligé de m’identifier à une blonde que son pays ne veut pas faire danser - comme on le comprend - et qui va bouger son cul en Egypte. Tout ça pour ne pas dire qu’une bonne analyse me permet de bien me préoccuper de mon cul car que je ne me crois pas encore obligé de donner des leçons sous prétexte divertissant. « Vous avez des problèmes gastriques, monsieur Carpetula ?…surtout quand ma production culturelle devient aussi étroite qu’un tombeau de pharaon dans un multiplexe pyramidal. Proportionnellement, j’entends.» Et j’avais encore, malgré tout mon désarroi chauviniste, l’envie de fracasser le crâne d’une blonde américaine. « Mais c’est interdit ! » me direz-vous. « Et alors ? » vous répondrai-je. Cette action, certes légèrement déplacé, permettra la médiatisation d’un procès retentissant où je plaiderai, sans avocat, la nocivité de Disney et de ses dérivés merdiques français en affirmant que : si des gamins dézinguent ou poignardent d’autres gamins dans des lycées ce n’est pas à cause de la soi-disant violence des jeux vidéos mais plutôt pour cause d’abrutissement de valeurs morales en cheveux blonds, petits culs, grosses poitrines et sourires ostentatoires qu’ils rencontrent à longueur d’épanouissement juvéniles. Je plaiderai aussi la folie. Avec un avocat. Pour mon appel. « Vous allez mieux, monsieur Carpetula…je le ressens aussi, docteur Fabre. »



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